La NASA a franchi un jalon stratégique dans le programme lunaire Artemis en menant à bien, tôt mardi matin, une répétition générale complète en conditions réelles pour la mission Artemis II. Cet essai grandeur nature, réalisé au Centre spatial Kennedy, marque une étape décisive avant le premier vol habité autour de la Lune depuis plus de cinquante ans.
Un test grandeur nature pour le lanceur SLS et le vaisseau Orion
Cette répétition générale avait pour objectif de simuler l’intégralité des opérations du jour de lancement. Chargement du propergol cryogénique dans la fusée Space Launch System, préparation finale du vaisseau Orion. Et enfin compte à rebours et sécurisation complète du système après vidange des réservoirs.
Les équipes ont réussi à remplir l’ensemble des réservoirs de l’étage central et de l’étage de propulsion cryogénique intérimaire. Démontrant la robustesse globale de la chaîne de ravitaillement malgré des conditions météorologiques difficiles. Notamment des températures inhabituellement basses en Floride.
Fuite d’hydrogène et températures basses : des défis techniques maîtrisés
Comme lors de précédents essais, l’hydrogène liquide s’est révélé être le principal défi technique. Les ingénieurs ont dû interrompre le compte à rebours pendant plusieurs heures afin de traiter une fuite détectée sur une interface alimentant l’étage central. La procédure mise en œuvre — réchauffement contrôlé des joints, ajustement du débit et reprise progressive du chargement — a permis de poursuivre l’essai en toute sécurité.
Le froid a également impacté certains équipements au sol, notamment des caméras et interfaces sensibles, sans toutefois compromettre la sécurité globale. Ces conditions ont permis d’identifier précisément les adaptations nécessaires pour un lancement réel dans un contexte climatique similaire.
Un premier compte à rebours terminal jusqu’à T-5 minutes
Moment clé de cet essai : pour la première fois, les équipes ont mené un compte à rebours terminal quasi complet, interrompu automatiquement à environ cinq minutes du décollage par le séquenceur de lancement au sol. Cette interruption, déclenchée par une augmentation soudaine du débit de fuite d’hydrogène, a validé les systèmes de détection et d’arrêt automatique, essentiels pour la protection de l’équipage.
Parallèlement, une vanne récemment remplacée liée à la pressurisation de l’écoutille d’Orion a nécessité un resserrage, allongeant légèrement les opérations de fermeture. Les équipes ont également observé des coupures intermittentes des communications audio, un point déjà identifié en amont et désormais prioritaire dans l’analyse post-test.
Sécurité de l’équipage : procédures adaptées et priorité absolue
Dans un souci constant de sécurité, la NASA a mis en œuvre de nouvelles procédures pour les opérations de fermeture d’Orion : les cavités du module de service sont désormais purgées avec de l’air respirable plutôt qu’avec de l’azote gazeux. Cette évolution garantit des conditions de travail sûres pour les équipes opérant dans la salle blanche lors de l’installation et de la fermeture de l’équipage.
Le report du lancement initialement envisagé en février entraîne également la sortie de quarantaine des astronautes, entamée le 21 janvier à Houston. L’équipage sera à nouveau placé en isolement environ deux semaines avant la prochaine fenêtre de lancement.
Mars, nouvelle date de lancement envisagée
À l’issue de cette répétition générale de deux jours, la NASA estime avoir atteint la majorité des objectifs fixés. Les données collectées font désormais l’objet d’analyses approfondies afin de corriger chaque anomalie identifiée. Une seconde répétition générale en conditions réelles est prévue avant la fixation d’une date de lancement officielle, désormais envisagée au plus tôt en mars.
La mission Artemis II embarquera les astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch, ainsi que l’astronaute canadien Jeremy Hansen. Leur sécurité demeure la priorité absolue de l’agence, condition indispensable au retour durable de l’humanité vers la Lune.
Quels enjeux pour la NASA
Artemis II ne se limite pas à un simple vol d’essai : il s’agit d’un test fondamental de l’architecture lunaire américaine, préalable indispensable à Artemis III et au retour d’astronautes sur le sol lunaire. Chaque difficulté rencontrée et résolue renforce la fiabilité d’un système appelé à devenir la colonne vertébrale de l’exploration habitée du système Terre-Lune.
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