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Cybersécurité post-quantique : le spatial devient un nouvel allié stratégique

La cybersécurité entre dans une nouvelle ère. Alors que l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes se déploient à grande échelle, une menace plus discrète mais structurante se profile : l’arrivée de l’informatique quantique, capable à terme de remettre en cause les fondations mêmes du chiffrement actuel. Face à ce risque, certaines entreprises choisissent d’anticiper très en amont, en repensant l’architecture de la sécurité numérique sur le long terme.

En février 2026, la société suisse WISeKey a présenté un projet combinant robot connecté, satellites et cryptographie post-quantique. Objectif : anticiper la menace des ordinateurs quantiques capables de casser les algorithmes de chiffrement actuels (RSA, ECC).

L’ordinateur quantique va changer la donne

Les algorithmes de chiffrement aujourd’hui largement utilisés, comme RSA ou les courbes elliptiques, reposent sur des problèmes mathématiques extrêmement complexes pour les ordinateurs classiques. Cette robustesse a longtemps garanti la confidentialité des échanges numériques. Toutefois, les progrès rapides de l’informatique quantique laissent entrevoir que ces mêmes algorithmes pourraient être contournés en un temps très court.

Ce scénario, désormais bien identifié par les experts, pose un problème majeur. Des données chiffrées aujourd’hui pourraient être interceptées et déchiffrées ultérieurement, lorsque les capacités quantiques seront suffisamment matures. Pour les États, les industriels et les opérateurs d’infrastructures critiques, la question n’est plus “si”, mais “quand”.

Cryptographie post-quantique

La cryptographie post-quantique vise précisément à répondre à cette rupture technologique. Elle repose sur de nouveaux algorithmes conçus pour rester robustes même face à des ordinateurs quantiques puissants. Cette transition est déjà engagée au niveau international, notamment avec les travaux de standardisation menés par le NIST aux États-Unis depuis 2024.

La cryptographie post-quantique et les algorithmes résistants à l’informatique quantique feront partie intégrante de la nouvelle architecture de sécurité, en particulier à court terme. Cependant, le chiffrement quantique, ou distribution de clés quantiques (QKD), demeure à ce jour le seul outil de sécurité permettant de contrer l’informatique quantique par l’informatique quantique. La distribution quantique de clés (QKD) exploite les propriétés quantiques de la lumière pour générer des clés aléatoires sécurisées et ininterceptables. Les méthodes de génération et de transmission de ces clés se répartissent en deux schémas ou protocoles.

« La sécurité quantique exploite les principes de la mécanique quantique pour révolutionner la protection des données et sécuriser les transferts d’informations. Au cœur de cette technologie se trouve la distribution quantique de clés (QKD), une technologie de pointe qui utilise la mécanique quantique pour créer des particules intriquées permettant l’échange sécurisé de clés de chiffrement. »

Site WISeKey

WISeKey s’inscrit dans cette dynamique en cherchant à intégrer ces mécanismes de sécurité dès aujourd’hui, afin que les systèmes déployés puissent rester fiables sur plusieurs décennies. L’enjeu est crucial pour les objets connectés, les robots industriels ou encore les infrastructures critiques, dont la durée de vie dépasse largement celle des cycles technologiques classiques.

Pourquoi le satellite change la donne

L’originalité du projet présenté par WISeKey réside dans l’intégration du spatial comme pilier de confiance. Les communications satellitaires offrent une couverture mondiale. Indépendante des réseaux terrestres souvent vulnérables aux coupures, aux attaques physiques ou aux instabilités géopolitiques.

Dans un environnement où des robots, des capteurs et des systèmes autonomes opèrent parfois dans des zones isolées ou sensibles, le satellite devient un vecteur de sécurité stratégique. Associé à une identité numérique forte et à des algorithmes post-quantiques. Il permet de bâtir une chaîne de confiance complète, depuis le matériel jusqu’aux échanges de données.

Une cybersécurité pensée pour les systèmes autonomes

Au-delà de la démonstration technologique, cette initiative reflète une évolution plus large de l’IT et de la cybersécurité. Les systèmes numériques ne se limitent plus à des serveurs et des logiciels. Ils incluent désormais des robots, des objets intelligents et des infrastructures hybrides mêlant Terre et espace.

Dans ce contexte, la sécurité ne peut plus être ajoutée a posteriori. Elle doit être intégrée dès la conception, en tenant compte des menaces futures et des contraintes physiques, énergétiques et géographiques. La convergence entre cybersécurité, robotique et spatial apparaît ainsi comme l’un des axes structurants de la prochaine décennie.

Vers une approche long terme de la sécurité numérique

Avec ce projet, WISeKey illustre une tendance de fond : la cybersécurité devient une question d’architecture globale et de souveraineté technologique. Les prochaines démonstrations opérationnelles attendues permettront de mesurer concrètement le potentiel de cette approche. A la croisée de l’IT, du spatial et de la cryptographie de nouvelle génération.


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