Le hantavirus revient brutalement dans l’actualité internationale après l’apparition d’un cluster inhabituel à bord du navire d’expédition polaire MV Hondius. Depuis le 7 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le CDC américain, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et plusieurs autorités sanitaires nationales surveillent étroitement l’évolution de cette situation impliquant des passagers de multiples nationalités revenant d’Amérique du Sud.
Les analyses virologiques réalisées par plusieurs laboratoires européens ont confirmé la présence du virus Andes hantavirus. C’est une souche rare principalement identifiée en Argentine et au Chili.
Cette forme particulière attire l’attention des spécialistes car elle fait partie des très rares hantavirus capables de provoquer, dans certaines circonstances, une transmission interhumaine limitée.
Selon les informations publiées par l’OMS et relayées par plusieurs médias scientifiques internationaux, plusieurs cas ont été confirmés à bord du MV Hondius. Avec au moins trois décès liés au syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS), la forme la plus sévère de la maladie. (who.int)
le virus peut-il devenir une menace mondiale comparable au Covid-19 ?
L’événement a immédiatement provoqué une vague d’inquiétudes sur les réseaux sociaux américains et européens. Où certains internautes ont commencé à évoquer le risque d’une nouvelle pandémie comparable au Covid-19. La comparaison est notamment alimentée par le contexte maritime du foyer épidémique. Ce qui rappelle symboliquement certaines situations observées au début de la crise sanitaire mondiale de 2020.
Cependant, les autorités sanitaires internationales cherchent actuellement à éviter toute panique excessive. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé publiquement que la situation “n’est pas un nouveau Covid”. Les données scientifiques disponibles indiquent que la transmission du virus Andes entre humains reste rare, difficile et beaucoup moins efficace que celle du SARS-CoV-2.
Pourquoi ce foyer international est pris très au sérieux
Même si le risque pandémique mondial reste officiellement jugé faible. Plusieurs éléments expliquent pourquoi cette situation est suivie avec autant d’attention par les autorités sanitaires internationales.
Le premier facteur concerne le caractère international du cluster. En effet, les passagers du MV Hondius provenaient de plusieurs pays européens, asiatiques et américains. Plusieurs États, dont Singapour et différents pays européens, ont déjà lancé des opérations de suivi sanitaire concernant des voyageurs ayant quitté le navire. (ecdc.europa.eu)
Le deuxième point sensible concerne la suspicion crédible d’une transmission humaine à bord du navire. Historiquement, la majorité des hantavirus sont transmis à l’être humain via des rongeurs infectés et non entre humains. Le virus Andes constitue donc une exception particulièrement surveillée par les virologues internationaux.
Enfin, la gravité potentielle du syndrome pulmonaire à hantavirus contribue fortement aux inquiétudes. Selon l’OMS et le CDC, certaines formes sévères affichent des taux de mortalité pouvant atteindre 30 à 50 %, bien supérieurs à ceux observés pour le Covid-19 chez les patients hospitalisés.
Malgré cela, les spécialistes soulignent plusieurs différences majeures avec le SARS-CoV-2 :
- le hantavirus ne présente pas actuellement de transmission aérienne massive,
- les contaminations nécessitent souvent des contacts très rapprochés ou environnementaux spécifiques,
- et aucun signal de propagation mondiale exponentielle n’est observé à ce stade.
Plusieurs laboratoires pharmaceutiques et centres de recherche américains commencent néanmoins à renforcer leurs travaux sur des vaccins expérimentaux et des traitements antiviraux ciblant certaines souches de hantavirus. Notamment depuis la médiatisation récente du cluster du MV Hondius.

C’est quoi le hantavirus ?
Les hantavirus forment une famille de virus hébergés principalement par certains rongeurs sauvages. L’être humain peut être contaminé par inhalation de poussières contenant des particules virales issues des excréments, de l’urine ou de la salive des animaux infectés.
Dans les Amériques, certaines souches comme le virus Andes peuvent provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS), une maladie respiratoire grave pouvant évoluer rapidement vers une insuffisance respiratoire sévère.
En Europe et en Asie, d’autres formes de hantavirus provoquent principalement des atteintes rénales appelées fièvres hémorragiques avec syndrome rénal.
À ce jour, les autorités sanitaires internationales ne considèrent pas la situation actuelle comme une menace pandémique comparable au Covid-19, mais le cluster du MV Hondius rappelle que les zoonoses émergentes restent une préoccupation majeure pour la santé mondiale.
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