Un immense nuage de glace apparaît régulièrement au-dessus de Mars, près du volcan Arsia Mons. Grâce à de nouvelles simulations scientifiques, des chercheurs proposent une explication surprenante à sa formation, qui pourrait remettre en question certaines hypothèses sur la physique des nuages.
Un nuage spectaculaire observé depuis l’espace
Depuis plusieurs années, la sonde européenne Mars Express, de l’Agence spatiale européenne (ESA), observe un phénomène atmosphérique particulièrement impressionnant sur la planète rouge.
À certaines périodes de l’année martienne, un immense nuage blanc se développe près du volcan Arsia Mons, situé dans la région de Tharsis.
Cette formation nuageuse, constituée de cristaux de glace d’eau, peut s’étendre sur près de 1 800 kilomètres.
Contrairement à ce que son apparence pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’un panache volcanique. Le nuage est lié à la circulation atmosphérique et aux mouvements de l’air au-dessus du relief martien.
Une formation de glace qui intrigue les scientifiques
Sur Terre, la formation des nuages repose généralement sur la condensation ou le dépôt de vapeur d’eau autour de minuscules particules présentes dans l’atmosphère.
Ces particules, appelées noyaux de condensation ou de congélation selon le mécanisme, facilitent la formation des gouttelettes et des cristaux de glace.
Mais les nouvelles simulations du nuage martien suggèrent un processus différent.
Dans certaines conditions atmosphériques extrêmes, la vapeur d’eau pourrait se transformer directement en cristaux de glace sans nécessiter de particules de poussière comme support initial.
Ce mécanisme, appelé nucléation homogène, pourrait contribuer à expliquer la formation rapide et spectaculaire du nuage observé près d’Arsia Mons.
Pourquoi cette découverte est importante
Cette étude dépasse le seul cas de Mars.
Elle permet de mieux comprendre la microphysique des nuages dans des atmosphères très différentes de celle de la Terre.
Les résultats pourraient notamment contribuer à améliorer :
- Les modèles climatiques de Mars.
- La compréhension du cycle de l’eau martien.
- Les simulations de formation des nuages sur d’autres planètes.
- L’interprétation des observations atmosphériques réalisées par les sondes spatiales.
Les chercheurs disposent désormais d’un modèle permettant de rapprocher les simulations numériques des observations effectuées depuis l’orbite.
Cette découverte rappelle que Mars, malgré son atmosphère très ténue, possède une météorologie complexe et encore partiellement incomprise.
Source scientifique : ESA, octobre 2026 ; étude publiée dans Nature Geoscience, DOI : 10.1038/s41561-026-02089-9.
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