Deux sondes américaines s’apprêtent à utiliser la gravité terrestre et leurs moteurs pour prendre la direction de Mars. Prévue les 7 et 9 novembre 2026, cette opération pourrait ouvrir la voie à des missions interplanétaires moins dépendantes des fenêtres de lancement traditionnelles.
La NASA prépare une opération particulièrement ambitieuse pour sa mission ESCAPADE (Escape and Plasma Acceleration and Dynamics Explorers).
Le 2 novembre 2026, l’agence spatiale américaine a annoncé que les deux sondes jumelles effectueraient des survols propulsés de la Terre, respectivement les 7 et 9 novembre.
Leur objectif : exploiter simultanément la gravité de notre planète et la poussée de leurs moteurs pour rejoindre Mars.
Cette technique, appelée manœuvre d’Oberth, n’a encore jamais été réalisée avec succès par une sonde à destination de la planète rouge.
Pourquoi les deux sondes reviennent-elles vers la Terre ?
Lancée le 13 novembre 2025 à bord d’une fusée New Glenn de Blue Origin, la mission ESCAPADE a emprunté une trajectoire inhabituelle.
Contrairement aux missions martiennes classiques, les deux sondes n’ont pas immédiatement pris la direction de Mars. Elles ont d’abord effectué une grande boucle autour de la région du point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre, située à environ 1,5 million de kilomètres de notre planète.
Pour rappel, les points de Lagrange sont des régions où les influences gravitationnelles de deux corps célestes permettent certaines trajectoires particulièrement intéressantes pour les missions spatiales.
Cette stratégie a permis de lancer ESCAPADE alors que la Terre et Mars n’étaient pas favorablement alignées pour un trajet direct.
Les sondes reviennent maintenant vers la Terre afin de profiter de son attraction gravitationnelle.
Lors de leur passage au plus près de notre planète, elles allumeront leurs moteurs pendant environ neuf minutes.
Cette impulsion, combinée à l’effet gravitationnel, leur permettra d’acquérir la vitesse nécessaire pour rejoindre Mars.
Selon la NASA, chaque sonde devrait gagner plus de 1 600 km/h grâce à cette phase propulsive.
La première manœuvre est prévue le 7 novembre vers 11 h, heure française, et la seconde le 9 novembre vers midi.
Ces opérations n’ont pas encore eu lieu à la date de publication de cet article.
Une mission pour comprendre comment Mars a perdu son atmosphère
Si les manœuvres se déroulent comme prévu, les deux sondes atteindront Mars en septembre 2027.
Elles seront ensuite placées sur des orbites permettant d’étudier les interactions entre le vent solaire et l’environnement magnétique martien.
Le vent solaire est un flux de particules chargées émis continuellement par le Soleil.
Sur Terre, notre champ magnétique global contribue à protéger l’atmosphère de ces particules.
Mars ne possède plus un champ magnétique global comparable. Son environnement magnétique résulte notamment de champs résiduels présents dans sa croûte et d’interactions avec le vent solaire.
Les scientifiques cherchent à comprendre comment ces phénomènes contribuent à l’échappement de particules atmosphériques vers l’espace.
Cette question est essentielle pour reconstituer l’évolution climatique de Mars. Une planète qui a autrefois possédé de l’eau liquide à sa surface.
L’originalité d’ESCAPADE repose également sur l’utilisation de deux sondes coordonnées.
En effectuant des mesures à différents endroits ou à des moments rapprochés, elles permettront de mieux distinguer les variations spatiales et temporelles des phénomènes observés.
Cette approche pourrait apporter des informations difficiles à obtenir avec une seule sonde.
Une nouvelle liberté pour les missions martiennes ?
Les missions vers Mars sont généralement programmées en fonction de fenêtres de lancement favorables, qui reviennent approximativement tous les 26 mois.
La trajectoire expérimentée par ESCAPADE pourrait offrir davantage de souplesse dans la préparation de certaines missions.
Il ne s’agit toutefois pas de supprimer les contraintes orbitales. La méthode nécessite une planification complexe et doit encore démontrer sa réussite.
Si elle fonctionne, elle constituera une avancée importante dans la conception des trajectoires interplanétaires.
Pour la NASA, les 7 et 9 novembre représentent donc deux rendez-vous décisifs. Aussi bien pour la navigation spatiale que pour la future exploration scientifique de Mars.
Source officielle : NASA, 2 novembre 2026
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